En bref...

L'ATELIER HISTORIQUE
de la langue française

&

LE GRAND ATELIER HISTORIQUE
de la langue française

DU XIIe AU XVIIe SIÈCLE

Dictionnaire historique de l’ancien français de La Curne de Sainte-Palaye.

Texte intégral de l’édition Favre de 1876.

La Curne de Sainte-Palaye (*1697 - †1781) consacra trente ans de son existence à rassembler les matériaux nécessaires à l’élaboration de ce glossaire qui couvre l’histoire de la langue depuis son origine jusqu’au siècle de Louis XIV (Ambroise-Firmin Didot, Préface au Glossaire de Du Cange) en 40 volumes in-folio manuscrits (publié par L. Favre en 1876).

L’ancien français à sa source.

L’ouvrage n’a pas été publié de son vivant (seul le début de l’alphabet, jusqu’à asseureté, a paru en 1792). Édité en 1876, il devient la référence des érudits. Sa consultation sur CD-ROM permet de découvrir les sources mêmes de l’ancien français.

“Les manuscrits de La Curne de Sainte-Palaye sont des trésors ouverts à qui veut y puiser ; mais on ne peut y puiser sans remercier ceux qui nous les ont laissés.”
(
Émile Littré, préface de son dictionnaire.)

Chaque mot d’ancien et de moyen français est présenté avec ses significations, origine, étymologie, histoire, explications et variantes ainsi que les extraits d'anciens auteurs, poètes ou prosateurs qui l'ont employé. Les citations sont très riches et font connaître précisément les diverses acceptions des mots.

XVIe SIÈCLE

Le Thresor de la langve francoyse tant ancienne que moderne, auquel entre autres choses sont les mots propres de marine, venerie & faulconnerie… par Jean Nicot (1606).

Publié après la mort de l’auteur, le dictionnaire de Jean Nicot (*1530 ? –
†1600 ?) reflète la langue de la fin du XVIe siècle. Bien que ce dictionnaire soit un dictionnaire français-latin, c’est la première fois, dans la lexicographie française, que le français est la langue-cible. Nicot, ambassadeur de France au Portugal, œuvre, dans l’esprit de la Renaissance, au rayonnement de la langue française et à son enrichissement par les mots des provinces.

“Il n'est pas exagéré de dire que l'article de dictionnaire, du moins en ce qui concerne la lexicographie française, a été élaboré par Nicot. À peu près tout type d'information ainsi que tout procédé de description utilisés depuis dans un dictionnaire français se trouvent déjà dans les pages du Thresor”
(T.R. Wooldridge, Les Débuts de la lexicographie française, 1977)

XVIIe SIÈCLE

Curiositez françoises de Antoine Oudin

Recueil de proverbes, adages et quolibets, 1640.

On trouvera dans le Oudin, les expressions utilisées au cours des siècles passés. Antoine Oudin (†1653), professeur de langues vivantes, auteur de grammaires et de dictionnaires, s’attacha tout particulièrement aux adages et proverbes et recueillit un grand succès de son vivant.

“Ce petit livre rare et curieux est un supplément très utile aux dictionnaires.”...

“Antoine Oudin s'est attaché à réunir les proverbes, les adages qui faisaient la joie et les délices de nos aïeux. Beaucoup sont gaulois, et même très gaulois; ils ont une grande parenté avec les causeries de Rabelais ; mais enfin c'était le langage de nos pères, et si les paroles étaient libres, leurs actes certes valaient mieux que nos mœurs du jour”
(préface de L. Favre)

Dictionnaire françois de Pierre Richelet (1680) contenant les mots et les choses.

Le dictionnaire de Pierre Richelet (*1626 - †1698) est le premier dictionnaire français entièrement monolingue. L’auteur, épaulé par des amis académiciens (Chapelain, Patru,…) et le Père Bouhours, fait entrer dans son dictionnaire des citations d’écrivains contemporains, projet abandonné par l’Académie française.

Écrit pour les “honnêtes gens”, ce dictionnaire est représentatif de la langue de la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Délectable : “il est usité dans des discours de science et a plus de cours dans le bas stile que dans le sublime”.

Désagrément : “ce mot n’est pas encore bien établi. Cependant il est dans la bouche de la plupart des Dames qui parlent bien”.

Dictionnaire universel de Furetière

Texte intégral de l’édition Leers à ROTTERDAM en 1690 “contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts.”

Antoine Furetière (*1619 -†1688), avocat, ecclésiastique, fut exclu de l’Académie française pour avoir travaillé à son propre dictionnaire. Il a rédigé un dictionnaire ouvert sur le monde, des définitions vivantes où tout est mis en œuvre pour présenter la langue écrite et parlée du XVIIe.

La langue écrite et parlée du XVIIe

Le Dictionnaire de Furetière est une merveille, il présente les mots usuels et techniques, ceux du “beau langage” et ceux des crocheteurs du Port au Foin, donne du relief aux définitions par des exemples, des applications et des traits d’histoire. Furetière revendique non seulement un dictionnaire de la langue, mais une encyclopédie de son temps :

“Ce ne sont pas de simples mots qu'on nous enseigne, mais une infinité de choses, mais les principes, les regles et les fondements des Arts et des Sciences : de sorte qu'au lieu d'amplifier l'idée de son Ouvrage, l'Auteur l'a retressie, quand il a dit en dediant ses essais au Roy, qu'il avoit entrepris l'Encyclopedie de la langue Françoise.”

Dictionnaire étymologique ou Origines de la langue françoise de Gilles Ménage (1694)

Gilles Ménage (*1613 - †1692), l’Angevin, passe pour l’“initiateur” de la science étymologique. Pour établir ses étymologies, dont plus de 70 % sont vérifiées, il se base sur le latin vulgaire, compare les différentes langues romanes, fait appel aux dialectes et aux parlers régionaux.

“La science parfois fantaisiste de Ménage aura été nécessaire à l’édification de la science moderne par les perspectives nouvelles qu’il a apportées ; sa prescience est indissociable de son acharnement à défier les difficultés des étymologies désespérées”
(I. Leroy-Turcan,
Introduction à l’étude du Dictionnaire étymologique […] de Gilles Ménage, 1991)

Quelques mots sur Ménage

Dictionnaire des arts et des sciences de Thomas Corneille (1694)

Le dictionnaire de Thomas Corneille (*1625 - †1709), frère de Pierre, est un complément au Dictionnaire de l’Académie française paru la même année. Commandé par cette institution en réponse au Dictionnaire universel de Furetière, il relève les termes des techniques mais aussi de l’ancienne langue que l’Académie n’a pas jugé bon de faire figurer dans un dictionnaire de l’ “honnête homme”.

“Les plaintes qui en ont esté faites [du Dictionnaire de Furetière], &
quantité de matieres traittées imparfaitement, ayant fait connoistre l'avantage que le Public pourroit recevoir d'un Dictionnaire des Arts & des Sciences qui fust & plus ample & plus correct, on resolut de s'appliquer sans aucun relâche à ramasser tout ce qui en a esté écrit jusqu'icy de plus curieux, afin que ceux qui souhaiteroient cette sorte de supplément à l'Ouvrage de l'Académie, eussent sujet d'estre satisfaits. C'est dans cette veuë qu'on a travaillé, & l'on peut dire qu'il n'y a point de matiere que l'on n'ait pris soin d'étendre, en y ajoûtant une infinité d'articles nouveaux qu'on ne trouve point dans le Dictionnaire, pretendu Universel.”

(Introduction)

XVIIIe SIÈCLE

Dictionnaire universel françois et latin de Trévoux (1743 et 1752)

Publiées à Trévoux, dans l’ancienne Souveraineté des Dombes, par une compagnie de jésuites, ces deux éditions font partie d’une série de six qui couvrent l’évolution de la langue française sur tout le XVIIIe siècle (1704, 1721, 1732, 1743, 1752 et 1771). L’édition de 1743 se libère enfin du modèle du Dictionnaire de Furetière et donne une orientation plus catholique à l’édition de 1701 de ce même dictionnaire, revue par le protestant Basnage de Beauval. L’édition de 1752, quant à elle , est celle qui enregistre le plus grand nombre de néologismes avant l’édition de 1771 qui profite des travaux de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, publiée dès 1751.

Dictionnaire de l’Académie française (Édition de 1762)

Texte intégral de la quatrième édition.
Promouvoir la langue française et veiller à sa pureté. Le Dictionnaire de l’Académie française fixe “le bon usage” mais aussi “la langue commune, telle qu’elle est dans le commerce ordinaire des honnestes gens, et telle que les Orateurs et les poêtes l’employent. Par ce moyen, elle embrasse tout ce qui peut servir à la noblesse et à l’élégance du discours.”
(Charpentier, discours de 1688)

Dictionnaire philosophique de Voltaire et compléments

Texte intégral des 3 700 pages de l’édition de Kehl :
- Dictionnaire philosophique de 1765
- Les “questions” sur l’Encyclopédie
- L’opinion par l’alphabet
- Les articles insérés dans l’Encyclopédie
- Les articles destinés au Dictionnaire de l’Académie

Condamné par le parlement de Paris en 1765, proscrit par la congrégation de l’index à Rome, le Dictionnaire philosophique de Voltaire a été conçu comme une œuvre de combat au service des idées. La diversité des articles et des thèmes, le sens de la satire et de l’ironie, la force des idées en font un dictionnaire particulier au cœur de son siècle.

En 1766, le dictionnaire philosophique fut jeté sur le bûcher du chevalier de La Barre condamné pour avoir mutilé un crucifix.

Le Dictionnaire philosophique de Voltaire est présenté ici en version complète (7 volumes).

“Nous avons tâché de joindre l'agréable à l'utile, n'ayant d'autre mérite et d'autre part à cet ouvrage que le choix. Les personnes de tout état trouveront de quoi s'instruire en s'amusant. Ce livre n'exige pas une lecture suivie ; mais, à quelque endroit qu'on l'ouvre, on trouve de quoi réfléchir.”
(Voltaire, Préface)

Dictionaire [sic] critique (1787) et Dictionnaire grammatical portatif de la langue française (1761) de l’Abbé J.-F. Féraud

Le dictionnaire critique (dont le dictionnaire grammatical est un embryon), rédigé par le jésuite marseillais Féraud (*1725 - †1807) partisan de la réforme orthographique, est le premier dictionnaire résolument moderne non seulement dans la structure de ses articles — on y trouve des remarques sur l’orthographe, la prononciation, des indications stylistiques, syntaxiques, de fréquences, … — mais aussi dans le soin porté aux définitions. Son dictionnaire est une encyclopédie de la langue française.

“Elle [l’œuvre de Féraud] continuera à servir l'avancement de la science dictionnairique mais surtout tous ceux qui veulent lire avec fruit des textes français du XVIIIe siècle. Pour ceux-ci surtout, plus nombreux que les premiers, elle poursuivra son office agréable et utile de guide efficace de lecture. Féraud destinait son œuvre aux jeunes gens, aux étrangers et aux provinciaux. Il ne pensait peut-être pas servir les générations à venir. Son public s'enrichit ainsi bien après sa mort. C'est une sorte d'hommage rendu à un homme et à une œuvre novatrice, probe et fine.”
( J.-F. Féraud, Dictionaire critique (1787): préface de la réédition de 1994).

XIXe SIÈCLE

Dictionnaire universel des synonymes de la langue française par F. Guizot

Texte intégral des 800 pages de l’édition originale de 1822.

“Ce qui constitue deux ou plusieurs mots synonymes, c’est d’abord un sens général qui est commun à ces mots ; et ce qui fait ensuite que ces mots ne sont pas toujours équivalents, ce sont des nuances souvent délicates et quelquefois presque imperceptibles, qui modifient ce sens primitif et général.”
D’Alembert.

F. Guizot (*1787 - †1874), qui fut entre autres ministre de l’Intérieur et ministre de l’Instruction publique, nous invite à réfléchir aux sens des mots, d'un point de vue logique, grammatical et étymologique et à l'influence réciproque des usages et des opinions sur le langage.

“L'étude des synonymes, nous prévient-il, exerce la sagacité de l'esprit en l'accoutumant à distinguer ce qu'il serait aisé de confondre”.
“Ce n'est pas d'après le nombre de mots qu'il faut calculer la richesse d'une langue, mais d'après celui de leurs valeurs et des idées qu'ils expriment.”
(F. Guizot).

Dictionnaire le Littré

Texte intégral de l’édition originale de 1872 et du supplément de 1877.

Le prestigieux dictionnaire de la langue française sur CD-ROM : 80 000 définitions, 10 000 000 de mots, 250 000 citations d’auteurs classiques. Grâce à un vaste éventail d’exemples des “Serments de Strasbourg” de 842 à Balzac, et à la classification rigoureuse des significations – premier dictionnaire à numéroter les sens – , le Littré permet d’accéder à la signification primordiale des mots.

Émile Littré (*1801 - †1881) indique l’histoire des mots, la présentation des usages antérieurs de prononciation, les remarques générales et grammaticales sur la nature des mots et leur emploi, les proverbes, synonymes, exploite les premiers glossaires des parlers régionaux.