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THRESOR
DE LA LANGUE FRANCOYSE
tant
ancienne que moderne.
AVQVEL
ENTRE AVTRES CHOSES SONT LES MOTS PROPRES DE MARINE,
VENERIE, & FAULCONNERIE, cy deuant ramassez
par Aimar de Ranconnet, viuant Conseiller &
President des Enquestes en Parlement.
REVEV
ET AVGMENTÉ EN CESTE DERNIERE IMPRESSION
DE PLVS DE LA MOITIE ; Par Ian Nicot, viuant Conseiller
du Roy, & Me. Des Requestes extraordinaire
de son Hostel.
AVEC
VNE GRAMMAIRE FRANCOYSE ET LATINE, & le recueil
des vieux prouerbes de la France. Ensemble le
Nomenclator de Iunius, mits par ordre alphabetic,
& creu d'vne table particuliere de toutes
les dictions.
DEDIÉ
A MONSIEVR LE PRESIDENT BOCHART, Sievr de Champigny,
&c.
A
PARIS,
Chez
David Dovcevr, Libraire juré, ruë
sainct Iaques, à l'enseigne du Mercure
arresté. M. DC. VI.
Auec
priuilege du Roy, & de l'Empereur.
A
MONSIEVR, MONSIEVR BOCHART, sievr de champigny,
&c. conseiller et president des enquestes,
en Parlement.
Monsievr,Ie
serois indigne de l'obligation qu'en faueur &
consideration du public ay receu de vous, si ie
taisois & ne publiois par tout, comme sur
ce qu'estois tous les iours recherché par
ceux de nostre France, & toutes sortes d'estrangers,
du Dictionaire reueu par Mr. Nicot, m'estant adressé
à vous, sans neantmoins y auoir autre cognoissance
que celle que tout le monde a de vos merites,
m'auez humainement receu, & franchement mits
és mains ce, qu'apres le decez dudit Sr.
Nicot s'estoit venu rendre chez vous, comme en
lieu de seureté, contre la barbarie &
l'ignorance. Ainsi c'est à vous seul, à
qui ceux qui sçauent assez l'vtilité
de ce liure, en doiuent la recognoissance : &
duquel partant auez comme taisiblement accepté
la protection, contre ceux qui le penseroient
inutile, ou peu necessaire. A quoy sans doubte,
outre l'inclination qu'auez au bien, & à
ce qui est de la vertu, deux choses sembloyent
vous obliger : La premiere est le ressouuenir
de la generosité de vos ancestres ; l'vn
desquels estant remarqué auoir long temps,
& courageusement insisté à ce
qu'il ne feust rien innoué de nos anciennes
maximes, & façons de viure, la correspondance
d'ailleurs estant grande entre le langaige &
les meurs d'vn pays, semblés estre engaigé
de moyenner, en tant qu'en vous sera, que par
le restablissement de nostre parler ancien (plus
ferme, plus court, & plus significatif, que
celuy qui a depuis esté receu) l'on reprenne
le chemin de pouuoir reuenir à la generosité,
const\ace, & magnanimité de nos peres
: Dont mesmes les actes & proüesses depuis
trois, quatre, & cinq cents ans (faulte d'estre
entenduës) ne peuuent estre ni goustées
assez par les nostres, ni admirées par
les estrangers, sans l'entiere & pleine cougnoissance
de la langue, telle qu'elle estoit lors, que leurs
histoires ont esté escrites : Laquelle
cougnoissance neantmoins, ne se peut acquerir
aisément d'ailleurs, que par ce liure,
Lequel defunct Mr. Nicot, peu au parauant son
decez, estant enquis du bien que pouuoit moyenner
ce sien trauail, dit : Deuoir estre reputé
le bausme de la langue Françoise, l'autre
& derniere raison, est la consideration de
vostre qualité, car oultre ce, que vous
ayant icelle fait assez recougnoistre pour protecteur
exact du bien & de l'honneur d'vn chascun,
vous ne pouuez desnier à la France la mesme
volonté & affection ; Il y a vne autre
rencontre en ce subiect particulier, Qui est,
que ce fut defunct Monsieur Ranconnet (recougnu
pour l'vn des plus doctes de son temps) qui premier
s'aduisa, est\at en pareille dignité que
le vostre, de donner au public ce present Dictionaire,
Mais ni ayant mis la derniere main, & pour
cela ne desirant y estre nommé, Monsieur
Nicot l'ayant reueu & infiniment augmenté
ne luy pouuoit de verité souhaiter plus
seure retraicte que chez vous : Auquel (pour ce
que ledit Sr Nicot l'auoit ainsi voulu) ay donné
le tiltre de Thresor de la l\ague Françoise
: y ayant oultre adiousté le Nomenclator
de Mr du Ion, auec vne Grammaire, & vn recueil
des Prouerbes de nos anciens François,
poussé d'vne extreme affection qu'ay de
ne manquer à rien de ce que i'estimeray
estre du bien du public : non plus qu'à
ce que ie recougnoistray me pouuoir acquerir &
conseruer la qualité deVostre tres-humble
& tres-affectionné seruiteur,
David
Dovcevr.
Rvdolphvs
secvndvs diuina fauente clementia electus Romanorum
Imperator, semper Augustus, ac Germaniae, Hungariae,
Bohemiae, Dalmatiae, Croatiae, Sclauoniae, &c.
Rex, Archidux Austriae, Dux Burgundiae, Stiriae,
Carinthiae, Carniolae, & Wirtembergae, Comes
Tirolis, &c. Notum facimus tenore praesentium
uniuersis. Quòd cum nobis humillimè
supplicârit fidelis sincerè nobis
dilectus David Dovcevr. Ciuis & iuratus Typographus
Parisiensis, se in communem studiosorum gratiam,
librum quendam vtilem, qui inscribitur : Commentaire
ou Thresor de la langue Françoise dressé
& augmenté de la moitié par
feu Mr. Iean Nicot, Conseiller du Roy & Maistre
des Requestes, &c. Typis suis in lucem edere
decreuisse, perdemisse petendo, vt se aduersum
aemulatores, qui saepè ex alienis laboribus
lucrum sibi vendicare assolent, priuilegio nostro,
in talibus consueto, praemunire dignaremur. Nósque
etiam petitioni huic benignas aures praebuerimus.
Iccircò authoritate potestatéque
Caesarea, tenore praesentium. Mandamus atque praecipimus
omnibus & singulis Typographis, Bibliopolis,
ac alijs omnibus librariam negotiationem exercentibus,
ne quis praeter iam nominatum Davidem Dovcevr,
suprascriptum librum Gallicum per totum Romanum
Imperium, Regna & Prouincias nostras, intra
octo annorum spatium, ab eius libri prima editione
incipiendum, imprimat, vel imprimi faciat, sub
graui indignatione nostra & decem marcharum
auri puri mulcta pro parte dimidia fisco nostro
Caesareo pro reliqua ipsi Dovcevr irremissibiliter
pendenda. Hac tamen lege adiecta : Quòd
liber iste nihil omninò, siue in praefatione,
siue in contextu suo contineat, quod vel Orthodoxae
Religioni Romanae Catholicae, vel nostris sacrísque
Romani Imperij constitutionibus aduersum sit.
Atque praeterea vt praedictus Dovcevr terna ad
minimum eius libri impressi exemplaria, ad Cancellariam
nostram Imperialem Latinam Aulicam proprijs sumptibus
perferri curet : nisi hoc ipse priuilegio nostro
statim exutus esse velit. Haec nam est expressa
ac seria mens & voluntas nostra. Quod praesentibus
testamur manu nostra subscriptis, & sigilli
nostri impressione munitis. Datum in Arce nostra
Regia Pragae, die vltima mensis Decembris, Anno
Domini Millesimo Sexcentesimo quarto. Regnorum
nostrorum, Romani trigesimo, Hungarici trigesimo
tertio, & Bohemici itidem trigesimo.
Rvdolphvs
Bvd. Coradvcivs
Ad Mandatum Sacrae Caesareae
Majestatis proprium
Io. Barbitivs.
Ledit
Priuilege a esté signifié à
la foire de Pasques à Francfort 1605. à
tous les marchans libraires & Imprimeurs,
afin que personne n'en pretende cause d'ignorance.
Henry
par la grace de Dieu Roy de France & de Nauarre,
à nos ames & feaux conseillers les
gens tenans nos Cours de Parlement de Paris, Rouen,
Toulouze, Bordeaux, Lyon, Poictou, & leurs
lieutenans, & à tous iusticiers &
Officiers qu'il appartiendra, Salut. Nostre Tres-cher
& bien Amé Dauid Douceur marchant libraire
Iuré en l'vniuersité de Paris, nous
a fait remonstrer qu'il a recouuert auec grans
frais vn liure intitulé, Le Thresor de
la langue Françoise, dressé &
augmenté de la moitié par Iean Nicot
viuant Conseiller du Roy & Maistre des Requestes
de nostre hostel, lequel liure il desire d'imprimer
ou faire imprimer & mettre en lumiere : mais
d'autant qu'il luy a beaucoup cousté &
coustera encor d'auantage pour dresser la coppie
& faire l'impression d'iceluy, il doute qu'apres
qu'il aura exposé & mis en vente ledit
liure, que quelques Imprimeurs & Libraires
de Lyon, Rouen, Paris, ou autres villes de cestuy
nostre Royaume le vueillent semblablement imprimer,
& susciter les marchans Libraires & Imprimeurs
de Geneue ou aucuns estrangers à ce faire,
qui seroit par ce moyen frustrer ledit exposant
de ses frais & rendre sa peine, diligence,
& trauail inutile, & luy faire receuoir
perte & dommage : pour à quoy remedier,
& afin que ledit Douceur qui a trauaillé
pour le bien public, ayant fourni ce qui estoit
necessaire pour auancer ledit liure ne soit priué
du fruict qu'il en doit attendre. povr ces cavses,
& autres considerations à ce nous mouuans,
de nostre grace speciale & pleine puissance
& autorité Royale, par ces presentes
nous auons donné & octroyé donnons
& octroyons le priuilege, congé licence,
& permission audit Douceur d'imprimer ou faire
imprimer ledit Thresor de la langue Françoise,
dressé & augmenté de la moitié
par Iean Nicot, en telle forme & caractaires
que bon luy semblera, fait & faisons inhibitions
& defenses à tous autres libraires
& Imprimeurs quelque part qu'ils soyent, &
autres personnes de quelque estat & conditions
qu'ils soyent de les imprimer ou faire imprimer,
vendre ne debiter en cestuy nostre Royaume &
autres lieux de nostre obeissance, c\otrefaire
ne alterer, soit par extraict ou abregé
l'ordre & methode dudit Thresor, ne mesme
susciter les Geneuois ou autres estrangers à
ce faire, sans le congé ou permission expresse
dudit Douceur, durant le temps & terme de
dix ans, à conter du iour qu'il sera paracheué
d'imprimer, sur peine de trois mille liures d'amende,
dont la moitié nous appartiendra &
l'autre moitié audit Douceur, & tous
despens dommages & interests enuers luy, &
aussi des confiscati\os des ex\eplaires qui seront
faits ou imprimez par autres sans le consentement
dudit Douceur. De ce faire vous donnons pouuoir
authorité, commission, mandement special
& de proceder à l'encontre de ceux
qui y contreuiendront, par toutes voyes deuës
accoustumées, & par les peines susdites,
nonobstant oppositions ou appellations quelconques,
pour lesquelles sans preiudice d'icelles ne voulons
estre differé. Et pour ce que de ces presentes
ledit exposant pourroit auoir affaire en plusieurs
& diuers endroits : Nous voulons qu'au Vidimus
d'icelle fait sous seel Royal, ou par l'vn de
nos Ames & feaux Conseillers Notaire, &
Secretaire, foy soit adioustée comme au
present original : & si voulons & mandons
que mettant par bref le contenu du present priuilege
au commencement ou à la fin dudit liure
; qu'iceluy aye forme de signification, tout ainsi
que si l'original estoit particulierement signifié
a vn chacun, & que cela soit de tel effect
& vertu comme si le dit liure leur auoit expressément
& particulierement esté monstré
& signifié, car tel est nostre plaisir.
Donné à Paris le huictiesme iour
de Feburier, lan de grace mil six cens quatre,
& de nostre Regne le quinsiesme.Seelé
du grand seau de sire jaune a simple queuë.
Par
le Roy en son Conseil.
Dv
Fos.
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