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DICTIONNAIRE
GRAMMATICAL DE LA LANGUE FRANÇOISE, CONTENANT
toutes
les Règles de l'Orthographe, de la Prononciation,
de la Prosodie, du Régime, de la Construction,
&c. avec les Remarques & Observations
des plus habiles Grammairiens.
NOUVELLE
ÉDITION.
Revue,
corrigée, & considérablement
augmentée. (1788).
PREFACE
Nous
avons des Dictionnaires portatifs de toutes les
Sciences & de tous les Arts ; mais nous n'en
avions point de Grammatical : c'est par-là
pourtant, ce semble, qu'on auroit dû commencer.
Un Dictionnaire est plus fait pour être
consulté, que pour être lu de suite:
or, sur quoi a-t-on plus souvent besoin de consulter,
que sur les difficultés & les doutes
qui naissent, à chaque instant, sur les
différentes parties de la Grammaire ?
Nous
avons d'excellens ouvrages en ce genre, mais chacun
d'eux a un objet borné, & ne renferme
pas tout. On trouve ici les règles de l'Orthographe
; là, les principes raisonnés de
la Langue ; ici, un traité de la Prosodie
; là, des remarques & des observations.
La
méthode qu'ont suivie les Auteurs de ces
ouvrages, quoique très-naturelle dans le
plan qu'ils s'étoient formé, n'est
pas aussi commode pour le Lecteur qui consulte,
que celle d'un Dictionnaire. Dans les autres ouvrages,
il faut d'abord aller à la table des matières,
où l'on ne trouve pas toujours tout ce
que l'on cherche, ni sous le titre où on
croit le trouver, & revenir ensuite à
l'endroit cité dans cette table, dont les
numéros ne correspondent pas toujours à
ceux du corps du livre. Un Dictionnaire est, selon
l'ordre alphabétique, le plus commode,
sans doute, pour toute personne qui consulte.
De
plus, quand on aura trouvé ces règles
générales que l'on cherche, il faut
les appliquer au mot ou à l'expression
qui occasionne ce doute ; & c'est un nouvel
embarras.
Si
l'on trouve donc un ouvrage qui réunisse
les règles de l'Orthographe, de la Prononciation,
de la Prosodie, de la Construction, du Régime,
avec les Remarques & Observations des meilleurs
Grammairiens ; qui non-seulement présente
ces règles générales à
leur place, mais qui en fasse l'application à
chaque mot, & dans l'ordre le plus commode
pour le Lecteur ; cet ouvrage pourroit-il n'être
pas d'une très-grande utilité, sur-tout
aux Étrangers, aux Jeunes Gens & aux
Habitans de différentes Provinces de France,
pour leur faciliter la connoissance des délicatesses
& des bizarreries d'une Langue qui est aujourd'hui
la Langue de toute l'Europe ?
Nous
ne bornons pas là pourtant les fruits de
notre travail ; nous espérons que les François
même, qui possèdent le mieux leur
Langue, pourront trouver dans ce Dictionnaire,
du moins de quoi se rappeller avec plaisir leurs
connoissances en ce genre. Il n'est rien qu'on
oublie plus aisément que les règles
de la Grammaire, tant elles sont multipliées
d'un côté, & de l'autre subtiles
& métaphysiques. Notre expérience
nous a persuadé qu'on recevroit avec plaisir
un Dictionnaire grammatical portatif, où
elles se trouveroient toutes réunies, &
où elles seroient appliquées à
chaque mot, & que ce seul livre pourroit tenir
lieu de bien d'autres. Nous y avons fondu les
Grammaires de l'Abbé Regnier, du Père
Buffier, de l'Abbé Girard, de M. Restaut
; la Prosodie de M. l'Abbé d'Olivet, les
Remarques de Vaugelas, de Ménage, de Bouhours,
de Thomas Corneille, de l'Abbé Dangeau
; nous y avons ajouté un assez grand nombre
de Remarques toutes nouvelles.
Voici
comment nous procédons. Nous mettons d'abord
en capitales les différens mots, avec leur
signe caractéristique de verbe actif, ou
neutre, de substantif masculin, ou féminin
; d'adjectif, ou d'adverbe, &c. Nous peignons
ensuite à l'oeil, autant qu'il est possible,
la prononciation, en écrivant en italique
le mot, tel qu'il s'écriroit, si la prononciation
& l'orthographe étoient d'accord ;
après quoi, nous avertissons des syllabes
brèves, longues, ou douteuses, qui se trouvent
dans ce mot. Enfin nous mettons, dans les Remarques
désignées le plus souvent par ce
signe <REM>, les observations qui se présentent
sur la prononciation, l'orthographe, le régime
des verbes, des conjonctions, des prépositions,
de certains substantifs ou adjectifs, la propriété
des mots, leur emploi & leur usage, le sens
propre ou figuré, &c. C'est dans ce
lieu que sont arrangées, sous les mots
respectifs, les Remarques des Auteurs déja
cités, & les nôtres.
Les
Règles générales de la Grammaire
sont placées, par ordre alphabétique,
sous les noms qu'elles concernent, comme sous
les noms adjectif, adverbe, article, conjonction,
pronom, préposition, participe, substantif,
verbe, &c. De même les terminaisons
générales des mots, soit pour la
Prosodie, soit pour la formation des noms, des
genres & des nombres, soit pour la prononciation,
sont mises par ordre alphabétique. On trouvera
en particulier, au commencement de chaque lettre,
les règles générales qui
la concernent.
Nous
finirons cette Préface par quelques réflexions
sur les différentes parties de notre travail.
I.
L'Orthographe est dans la Grammaire ce qui a été
le plus négligé, même par
les meilleurs Écrivains. Ils ont méprisé
ces minuties grammaticales ; & c'est ce qui
a produit tant de variétés en ce
genre, que souvent le même mot se trouve
écrit de cinq ou six manières différentes
par les différens Auteurs. Ceux qui ont
composé nos Dictionnaires les plus estimés,
n'ont suivi que leur goût ou leur routine
; aussi diffèrent-ils entr'eux autant que
les livres que l'on consulte.
Quatre
guides doivent nous conduire dans ce labyrinthe,
l'Usage, l'Étymologie, l'Analogie &
la Prononciation. Quand l'Usage est constant &
universel, il doit tenir lieu de tout ; &
on n'a pas besoin d'autre règle. Alors
ni l'Étymologie, ni la Prononciation, ni
l'Analogie ne doivent être écoutées.
Mais il faut y avoir recours, quand l'Usage n'est
pas fixe ; & s'il faut faire un choix, il
vaut mieux, sans doute, consulter le goût
de la Langue, les sources d'où les mots
sont dérivés, & les règles
de la Prononciation, que de se décider
aveuglément & sans principes, ou de
ne suivre qu'une prétendue commodité
qui est la source de tant d'abus.
Nous
avons suivi les principes du Dictionnaire d'Orthographe,
qui a été formé d'après
ceux du Dictionnaire de l'Académie.
D'après
ces principes, nous avons conservé un grand
nombre de lettres que Richelet & tant d'autres
après lui avoient voulu supprimer, &
nommément les lettres doubles, qui indiquent
presque toujours que la syllabe qu'elles affectent,
est brève. Nous avons rétabli l'h
dans les mots dérivés du grec ou
formés d'après d'autres mots où
elle se trouve ; & nous n'avons pas cru que,
de ce qu'elle ne se prononce pas, ce fût
une raison pour ne pas l'écrire. Pour l'y,
nous ne l'avons conservé que dans les mots
tirés du grec, ou dans ceux où il
fait fonction de deux ii, comme dans effrayer,
employer, &c. dans lesquels le premier i fait
une diphthongue avec la voyelle précédente,
& le second se lie avec la suivante, écè-ïé,
anploi-ïé. Nous avons supprimé
cet y à la fin des mots où il est
inutile, & où il a été
introduit par abus, & au milieu des mots où
il pourroit induire en erreur, & où
il est contraire à la prononciation. Ainsi,
nous écrivons Roi, Essai, & non pas
Roy, Essay, comme on écrivoit anciennement.
De même, au lieu de playe, j'aye, joye,
il employe, qu'il faudroit prononcer contre l'usage,
plé-ïe, é-ïe, joa-ïe,
anploi-ïe, nous écrivons plaie, aie,
joie, emploie, qu'on prononce plè, è,
joi, anploi.
On
a pris tout le soin possible pour que les accens
fussent marqués exactement ; mais pour
une plus grande précaution, & de peur
que, par inadvertance, il ne se fût glissé
quelque faute, nous avons averti ordinairement
des accens qui se trouvent dans chaque mot, sur-tout
quand l'erreur pourroit avoir des conséquences,
ou n'être pas aisément remarquée.
L'e
qui précède l'e muet final, &
qui n'est pas marqué d'un accent circonflexe,
est un e moyen entre l'é fermé &
l'è ouvert. Quand il est suivi de deux
consonnes, d'une lettre double, comme l'x, on
n'y met point d'accent ; ainsi l'on écrit
belle, amourette, tendresse, suspecte, sexe, sans
accent sur la pénultième ; mais,
quand cet e n'est séparé que par
une seule consonne, de l'e muet final, les uns
y mettent un accent grave, d'autres un accent
aigu ; d'autres enfin n'y mettent point d'accent.
Nous avons préféré la pratique
des premiers comme plus utile, acquérant
tous les jours une plus grande autorité.
Nous mettons donc un accent grave aux mots terminés
en ece, ede, ege, egle, ele, eme, ene, ere, ese,
ete, eve ; & nous écrivons nièce,
remède, collège, règle, crème,
cène, père, thèse, prophète,
brève, &c. mais nous ne manquons pas
d'avertir que l'e est moyen.
II.
La Prononciation est une chose qu'on ne peut bien
montrer que de vive voix, & bien apprendre
que par un long usage. En tâchant de la
peindre à l'oeil, nous n'avons prétendu
que dégrossir cette partie, & faire
éviter les fautes les plus grossières
& les plus sensibles. Nous avons borné
notre travail à supprimer les lettres qui
ne se prononcent pas ; à mettre un équivalent
aux diphtongues, plus rapproché de la prononciation
; à substituer aux caractères de
l'orthographe d'autres caractères moins
équivoques ; & enfin à mettre
entre deux tirets, ou deux divisions, les assemblages
de voyelles qui doivent ne former qu'un son &
qu'une syllabe. Ainsi, dans accablement, un des
deux cc ne se prononçant pas, non plus
que le t final, en se prononçant comme
an, & c comme k, nous écrivons akableman
: dans accéder, les deux cc se prononcent,
le premier, comme un k, le second comme une s
forte ; l'r est muette, & l'e qui la précède
est fermé : nous écrivons donc aksédé
ou akcédé. Dans croire, oi a le
son d'oa dans la prononciation soutenue, &
d'è, dans la prononciation ordinaire :
nous écrivons croa-re, ou crère.
Dans accoutumer, ou ne forme qu'une syllabe ;
nous l'avons donc mis entre deux tirets, a-kou-tumé.
Il
est aussi beaucoup d'accens qui se prononcent
& ne s'écrivent pas. En répétant
le mot en italique, nous avons marqué ces
accens. Agreste, aigrette, alerte, abbesse, admettre,
aisselle, en sont des exemples : nous les écrivons
agrèste, égrète, alèrte,
abèce, admètre, écèle,
en avertissant, quand l'è est ouvert, comme
dans le troisième, & quand il est moyen,
comme dans tous les autres.
III.
Malgré l'excellent Traité de la
Prosodie françoise, donné par M.
l'Abbé d'Olivet, bien des gens ignorent
encore si notre Langue a une Prosodie. Plusieurs
observent, en prononçant, les brèves
& les longues, mais sans trop sçavoir
pourquoi, & n'étant guidés que
par l'habitude ; d'autres, qui n'ont pas eu les
mêmes secours dans leur éducation,
font en ce genre les fautes les plus grossières.
M. l'Abbé d'Olivet a rendu un service inestimable
au public, en consacrant ses talens & ses
veilles à un travail utile, mais pénible
& ingrat. Nous avons mis à leur place,
dans l'ordre alphabétique, les terminaisons
des mots avec leur quantité, telles qu'elles
se trouvent dans le Traité déja
cité. En réfléchissant sur
ces terminaisons, nous avons trouvé quelques
règles générales pour les
longues que nous croyons pouvoir abréger
le travail de la mémoire, & généraliser
un peu plus les principes. On les trouvera au
mot Long.
Nous
n'avertissons pas toujours des brèves ;
mais le silence est un avertissement en cette
occasion : toutes les syllabes qui ne sont pas
qualifiées longues ou douteuses, doivent
être censées brèves. Pour
les longues, nous les avons marquées d'un
accent circonflexe, lorsqu'il a été
convenable, quoique cet accent ne fût point
marqué dans l'orthographe.
Nous
pouvons citer en exemple accablement, dont le
second a est long, & n'est point marqué
d'un accent circonflexe : en répétant
ce mot en italique pour la prononciation, nous
y avons ajouté cet accent ; & nous
avons écrit akâbleman.
IV.
Les Règles générales de la
Grammaire entroient dans notre plan ; aussi les
Remarques & les Observations grammaticales
seront-elles en un nombre incomparablement plus
grand dans cette nouvelle édition. Outre
celles des différens Grammairiens, que
je pourrois avoir omises, ou que je ne connoissois
pas quand j'eus le premier dessein de cette ouvrage,
on en trouvera près de huit cens toutes
nouvelles, qui sont le fruit de la lecture réfléchie
de nos meilleurs Auteurs anciens & modernes.
Je me suis sur-tout attaché aux Poëtes,
pour deux raisons : la première, c'est
qu'on retient mieux les vers que la prose, &
que les incorrections de style, inévitables
dans la Poësie, peuvent, à cause de
cela, induire plus facilement en erreur ; la seconde,
c'est que la contrainte de la mesure & de
la rime, & le droit des inversions jettent
comme nécessairement les Poëtes dans
des fautes grammaticales qui passent trop aisément
pour des licences autorisées, parce qu'elles
sont rachetées par de vraies beautés,
& que l'harmonie des vers les dérobe
facilement à des yeux ou à des oreilles
peu instruites ou peu attentives. J'ai donc cru
que les Poëtes me fourniroient un plus grand
nombre de Remarques ; & je ne me suis pas
trompé. Ce n'est pas que je condamne tout
ce que je relève ; mais du moins il m'a
paru utile d'avertir de ce qui n'est pas selon
l'exactitude grammaticale, pour qu'on ne l'imite
pas dans la prose. Ce que l'on fait remarquer
être contre l'usage, le fait bien mieux
connoître ; & la meilleure manière
d'inculquer les règles dans l'esprit, c'est
de citer des phrases où elles sont violées.
APPROBATION.
J'ai
lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier,
le Dictionnaire grammatical de la langue françoise,
avec les augmentations considérables, propres
à le rendre plus complet. Cet ouvrage sur
une Langue devenue chère aux Étrangers,
étoit nécessaire pour leur en fixer
la prononciation : les Provinces même de
la France sçauront en profiter, pour expatrier
des accens que la délicatesse de leur langue
désavoue ; j'estime donc qu'une nouvelle
édition de ce pénible Dictionnaire
sera très-utile à toute l'Europe.
A Paris, ce 12 du mois de Février 1767.
Signé,
GENET, Docteur de la Maison & Société
de Sorbonne, de l'Académie des Arcades
de Rome.
PRIVILÈGE
DU ROI LOUIS,
par la grace de Dieu, Roi de France et de Navarre
: A nos amés & féaux Conseillers
les Gens tenant nos Cours de Parlement. Maîtres
des Requêtes de notre Hôtel. Grand-Conseil,
Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux,
leurs Lieutenans civils, & autres nos Justiciers
qu'il appartiendra, Salut Notre amé le
Sieur Vincent, Libraire, nous a fait exposer qu'il
désireroit faire réimprimer &
donner au Public un Ouvrage, qui a pour titre
: Dictionnaire grammatical & prosodical de
la Langue françoise, par M. Feraud, Prêtre,
où l'on trouve rangées par ordre
alphabétique toutes les Règles de
l'Orthographe, de la Prononciation, de la Prosodie,
du Régime, de la Construction, &c.
s'il nous plaisoit lui accorder nos Lettres de
Privilège pour ce nécessaires. A
ces Causes, voulant favorablement traiter l'Exposant,
Nous lui avons permis & permettons par ces
présentes de faire réimprimer ledit
Ouvrage autant de fois que bon lui semblera, &
de le vendre, faire vendre & débiter
par tout notre Royaume, pendant le tems de douze
années consécutives, à compter
du jour de la date des présentes. Faisons
défenses à tous Imprimeurs-Libraires
& autres personnes, de quelque qualité
& condition qu'elles soient, d'en introduire
de réimpressions étrangeres dans
aucun lieu de notre obéissance, comme aussi
de faire réimprimer, vendre, faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Ouvrage, ni
d'en faire aucun extrait, sous quelque prétexte
que ce puisse être, sans la permission expresse
& par écrit dudit Exposant ou de ceux
qui auront droit de lui, à peine de confiscation
des Exemplaires contrefaits, de trois mille livres
d'amende contre chacun des Contrevenans, dont
un tiers à Nous, un tiers à l'Hôtel-Dieu
de Paris, & l'autre tiers audit Exposant,
ou à celui qui aura droit de lui, &
de tous dépens, dommages & intérêts
: A la charge que ces présentes seront
enregistrées tout au long sur le Registre
de la Communauté des Imprimeurs & Libraires
de Paris, dans trois mois de la date d'icelles
; que la réimpression dudit Ouvrage sera
faite dans notre Royaume, & non ailleurs,
en bon papier & beaux caractères, conformément
aux Réglemens de la Librairie, & notamment
à celui du 30 Avril 1725, à peine
de déchéance du présent Privilège
; qu'avant de l'exposer en vente, l'imprimé
qui aura servi de copie à la réimpression
dudit Ouvrage, sera remis dans le même état
où l'approbation y sera donnée ès
mains de notre très-cher & féal
Chevalier, Chancelier de France, le Sieur de Lamoignon,
& qu'il en sera remis deux Exemplaires dans
notre Bibliothèque publique, un dans celle
de notre Château du Louvre, un dans celle
dudit Sieur de Lamoignon, & un dans celle
de notre très-cher & féal Chevalier,
Vice-Chancelier & Garde des Sceaux de France,
le Sieur de Maupeou ; le tout à peine de
nullité des présentes. Du contenu
desquelles vous mandons & enjoignons de faire
jouir ledit Exposant & ses ayans cause, pleinement
& paisiblement, sans souffrir qu'il leur soit
fait aucun trouble ou empêchement. Voulons
que la copie des présentes, qui sera imprimée
tout au long, au commencement ou à la fin
dudit Ouvrage, soit tenue pour dûment signifiée,
& qu'aux Copies collationnées par l'un
de nos amés & féaux Conseillers-Secrétaires,
foi soit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huissier ou Sergent
sur ce requis, de faire, pour l'exécution
d'icelles, tous actes requis & nécessaires,
sans demander autre permission, & nonobstant
clameur de Haro, Chartre Normande & Lettres
à ce contraires : Car tel est notre plaisir.
Donné à Compiègne, le vingtième
jour du mois d'Août, l'an de grace mil sept
cent soixante-six, & de notre Règne
le cinquante-unième. Par le Roi en son
Conseil.
Signé,
LE BEGUE.
Registré
sur le Registre de la Chambre Royale & Syndicale
des Libraires & Imprimeurs de Paris, N. 960,
Fol. 27, conformément ou Réglement
de 1723. A Paris, ce 19. Septembre 1766.
Signé,
GANAU, Syndic.
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